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L'armure de la perfection.

  • Pascal Mélaine
  • il y a 5 jours
  • 4 min de lecture

Quand "tout va bien" en surface : Le fardeau invisible des personnes "trop fortes"


Il y a des personnes que l'on admire instinctivement pour leur solidité apparente. Ce sont les piliers de la famille, les collègues sur qui tout repose, les amis qui ont toujours la solution. Ils gèrent les crises sans sourciller, organisent, soutiennent, et semblent traverser l'existence avec une maîtrise inébranlable.


Peut-être vous reconnaissez-vous dans ce portrait.


De l'extérieur, votre vie ressemble à une mécanique bien huilée. Vous êtes performant, "résilient", et la phrase "je gère" est probablement votre mantra. Mais si l'on pouvait regarder derrière le rideau, derrière le masque de l'efficacité sociale et professionnelle, que verrait-on ?


À l'extérieur, une forteresse. À l'intérieur, un château de cartes prêt à s'effondrer au moindre coup de vent.


Dans mon cabinet, je rencontre très souvent ces profils. Ils ne viennent pas en disant "j'ai un traumatisme". Ils viennent parce qu'ils sont épuisés. Ils consultent pour une anxiété diffuse qu'ils ne comprennent pas, un perfectionnisme qui les tyrannise, ou une incapacité totale à s'arrêter, même en vacances.


Et si cette force incroyable n'était pas une qualité innée, mais la plus belle et la plus lourde des armures, construite pour survivre à des blessures anciennes ?


Le "Traumatisme Haute Fonction" : Une souffrance qui ne dit pas son nom


Nous avons une image du traumatisme : une personne effondrée, incapable de fonctionner au quotidien. C'est une réalité, mais ce n'est pas la seule. Il existe une autre forme de réaction aux chocs émotionnels ou aux environnements insécurisants : la sur-adaptation.


C'est ce que certains spécialistes appellent le "traumatisme haute fonction". La personne ne s'effondre pas ; elle performe pour ne pas ressentir.


L'origine de l'armure


Si, très tôt dans votre vie, vous avez intégré l'idée que montrer votre vulnérabilité était dangereux, inutile, ou que personne n'était là pour l'accueillir, vous avez développé une stratégie de survie brillante. Peut-être avez-vous dû devenir "le parent de vos parents", gérer des responsabilités d'adulte trop tôt, ou faire face à un environnement où seule la performance était valorisée.


Votre cerveau limbique (celui de la survie) a enregistré une équation simple et terrible :

Être parfait = Être en sécurité. Être faible = Danger.


Le problème, c'est que ce mécanisme, vital dans le passé, devient une prison dans le présent. Vous ne vivez plus votre vie ; vous la "gérez", dans un état d'hypervigilance permanent.


Le prix caché de la perfection


Porter une armure de plaques d'acier 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, est un effort surhumain. Cette tension constante draine votre énergie vitale, même si vous n'en avez plus conscience.


En tant que thérapeute spécialiste du trauma, voici les signaux d'alerte que j'observe fréquemment chez ces "faux calmes" :


1. L'anesthésie émotionnelle (et ses fissures)


Pour ne pas souffrir, vous avez inconsciemment baissé le volume de vos émotions. Le problème, c'est qu'on ne peut pas anesthésier sélectivement la tristesse ou la peur. On coupe aussi la joie intense, la spontanéité. La vie devient "plate", fonctionnelle. Parfois, la cocotte-minute déborde : des crises de larmes ou de colère disproportionnées surviennent pour des détails, suivies d'une culpabilité intense de "ne pas avoir géré".


2. Le corps qui crie "Stop"


Quand le mental refuse de lâcher prise, le corps prend le relais pour exprimer la souffrance. C'est la "somatisation". Cela se manifeste par une fatigue chronique que le sommeil ne répare pas, des tensions dorsales ou cervicales inexpliquées, des troubles digestifs, des migraines, ou des maladies auto-immunes qui se déclenchent. C'est votre système nerveux autonome qui tire la sonnette d'alarme.


3. Le tyran intérieur : Perfectionnisme et Syndrome de l'Imposteur


Vous vivez avec un juge intransigeant dans votre tête. Rien n'est jamais assez bien. Vous avez une peur viscérale de l'échec, car pour votre inconscient, l'échec n'est pas juste une erreur d'apprentissage : c'est une faille mortelle dans l'armure qui expose votre vulnérabilité.


Pourquoi la volonté ne suffit pas pour "lâcher prise"


Vous avez sûrement déjà entendu (ou vous vous êtes dit) : "Allez, détends-toi, lâche prise !". C'est le conseil le plus inutile pour un profil comme le vôtre.

Vous ne pouvez pas lâcher prise sur commande, car pour votre cerveau archaïque, lâcher prise revient à se mettre en danger de mort. C'est une réponse biologique, pas un manque de volonté. Tant que le système d'alarme interne n'est pas désactivé à la source, la détente est impossible.


Hypnose et TTMO: Déposer les armes en toute sécurité


La plus grande peur des personnes "fortes" est de s'effondrer si elles s'autorisent à baisser la garde. C'est pourquoi mon approche à Entraigues-sur-la-Sorgue est d'abord fondée sur la création d'un espace de sécurité absolue.

Mon objectif n'est pas de briser votre armure. Elle vous a sauvé la vie, nous devons la respecter. Mon objectif est de vous aider à installer une sécurité intérieure suffisante pour que vous puissiez choisir de l'enlever quand vous n'êtes plus au combat.


Le TTMO : Soigner l'origine de l'insécurité


C'est ici que ma spécialisation en TTMO (EMDR) est cruciale. Nous n'allons pas seulement parler de votre stress actuel. Nous allons utiliser les stimulations bilatérales pour "retraiter" neurologiquement les souvenirs racines, ces moments où vous avez appris qu'il fallait être fort pour survivre. En désensibilisant ces mémoires, le besoin impérieux d'être sur le qui-vive diminue naturellement. Le système nerveux comprend enfin que le danger est passé.


L'Hypnose Ericksonienne : Réhabiliter la douceur


L'hypnose est l'outil idéal pour reconnecter avec la partie de vous qui a été sacrifiée : votre enfant intérieur, votre vulnérabilité, votre droit à l'erreur. Contrairement à l'idée reçue d'une perte de contrôle, l'hypnose vous redonne le contrôle véritable : celui de choisir quand être fort, et quand être simplement humain. Nous travaillons à renforcer l'estime de soi, celle qui ne dépend pas de vos performances extérieures.


Vers une résilience authentique


La véritable force, ce n'est pas la rigidité de celui qui ne plie jamais jusqu'à casser. La vraie force, c'est la souplesse. C'est la capacité d'être compétent quand il le faut, et vulnérable quand on en a besoin.


Si vous avez l'impression de tenir le monde à bout de bras et que vos épaules commencent à faiblir, sachez qu'il existe un espace ici, à Entraigues sur la Sorgue, pour déposer votre fardeau.


Entamer ce travail thérapeutique, ce n'est pas devenir faible. C'est l'acte le plus courageux qui soit : c'est décider d'arrêter de survivre pour enfin commencer à vivre.


 
 
 

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